Finance islamique
Depuis plus de 14 siècles , l’Islam est apparu , sous l’impulsion du prophète Mahomet , comme une religion apportant une réponse à toutes les questions sociales et sociétales de toute l’humanité. Parmi ces dernières , les relations économiques , financières et monétaires intra et extracommunautaires , désigné comme la Finance Islamique.
Qu’est ce que c’est la Finance Islamique ?
La finance Islamique est tout d’abord différente de la finance conventionnelle et traditionnelle. Elle se différencie par son socle qui est basé sur les principes de la Charia , dites loi Islamique. Ainsi , cette dernière est considérée comme une finance éthique.
Autrement dit ,l’essence de la finance islamique est simplement formulé comme suit : les opérations de finance islamique effectuées par les particuliers , les institutions financières ou l’état, sont basées sur les principes islamiques définis.
La charia, ou loi islamique, est un mode de conduite , fixant à chaque musulman et musulmane un ensemble de droits et devoirs , de règles et d’interdits. Il représente «le chemin pour respecter la loi de Dieu». Toute opération, effectuées par les particuliers , les institutions financières ou l’état, se doit de respecter le système juridique islamique qui comprend de nombreux interdits.
L’histoire de la Finance Islamique ?
L’histoire de la finance islamique contemporaine commence dans un petit village en Egypte nommé Mit Ghamr , par la création d’une modeste caisse d’épargne , qualifié comme la petite première banque islamique , qui fonctionnait selon préceptes de la loi musulmane (la chariaa) . Cette dernière était créé et géré par l’économiste Ahmed Al Najar. Par ailleurs , cette première micro finance islamique a permis de drainer une part importante des revenues aux villageois. Leur économie était géré d’une manière prudente et solidaire pour faire face à leurs besoins.
Comment fonctionne la Finance Islamique ?
Comme tous concept , la finance islamique se base sur des principes et fondements éthique . Ces derniers se fondent sur la loi islamique d’une part, ainsi que sur ce qui est permis et autorisé ( Halal ) , et sur le rejet de ce qui est interdit et banni ( Haram). On citera :
- La prohibition des activités illicites : Tout investissement lié à des activités classifiées illicites (Haram) par la loi islamique (Charia) comme l’alcool , l’élevage porcin , les jeux d’hasard, l’armement , la pornographie , l’intérêt , ect…
- La prohibition de l’intérêt et de l’usure (Riba) : L’argent ne peut être créé via un prêt , sans « travail » , comme au secteur bancaire contemporain . Tout surplus ou avantage perçu par l’un des contractants sans aucune contrepartie acceptable et légitime du point de vue de la charia. Dès lors, la création de richesse ne reposant pas sur une transaction réelle est interdite. C’est donc impossible pour une banque islamique de charger des taux d’intérêt. Impossible, donc, de faire de l’argent grâce à l’argent.
Remarque : L’intérêt et le bénéfice sont deux concepts à ne pas confondre. Le premier porte sur la création d’argent à partir de l’argent, basé sur l’écoulement du temps sans prise de risque ou action active du banquier, alors que le deuxième se définit comme une différence de valeur lors de transactions réelles et est donc autorisé en finance islamique.
Il y a plusieurs types riba en Islam : Riba al fadl , riba annassia, ect…
Ces derniers sont présents dans tout type d’échange, de transaction financier et de produit boursier.
La prohibition de la spéculation (Maysir) : Ce terme défini le jeu de hasard en domaine économique , financier et boursier , qui désigne toute forme de contrat dans lequel l’évolution dépend d’un événement aléatoire.
Cependant , il y’a un type de risque, d’hasard, permissible dans la loi islamique (chariaa), qui peut-être pris et générer derrière d’importantes sommes de profits et qui est en même temps permissible.
Comment le différencier ?
- La prohibition de l’incertain (Gharar) : C’est défini comme étant tout flou négligeable au niveau d’un des biens échangés et/ ou qui présente en soi un caractère hasardeux et incertain . Par conséquent , tous les paramètres fondamentaux d’un contrat de vente , d’achat ou de service doivent être connu . On citera le prix, l’objet, identités des parties, les délais d’exécution , les matières de production , les tailles , la quantité, ect…
Cependant , il y’a des paramètres qu’on ne pourra pas totalement prédire comme la météo , les guerres , les crises, ect…
En pratique , tout échange et transaction financière , ou produit boursier a un degré différent d’incertain (gharar ) toléré et un autre non toléré par la loi islamique ( Chariaa)
- L’existence d’un actif sous-jacent (l’Asset Backing) : Chaque transaction ou opération conclue doit être obligatoirement adossé à un actif sous-jacent tangible ,réel , matériel et surtout détenu.
Ce concept permet une maîtrise des risques et rassure quand aux problèmes liés à la déconnexion de la sphère financière et la sphère de l’économie réelle.
- Principe du partage de profits et de pertes : La finance islamique est une finance appelé autrement et qualifié principalement de « participative » , elle fondé sur le système des « 3P » , appelé communément le principe du partage des profits et pertes.
Ce système permet d’associer deux types de capitaux existant , le capital financier et le capital humain, et que la participation doit être fixé dans une proportion et non par un bénéfice.
En pratique , un investisseur confie ses fonds monétaires à un entrepreneur avec qui il partagera les bénéfices en fonction de la performance de l’actif sous-jacent. À contrario , il devra également partager toute perte éventuelle avec cet entrepreneur si celle-ci n’est pas due à une négligence ou une faute grave de ce dernier. Ainsi le client d’une banque islamique a pratiquement un statut d’actionnaire dans les investissements liés à ses contrats et son revenu prend la forme de dividende. Cette forme est purement licite en Islam.
Peu connu , et représentant environ 3% de la finance mondiale , la Finance islamique connait un essor très important après la crise financière de 2008 avec un taux de croissance de plus de 10% annuellement . Ce dernier est la conséquence de la solidité de ce système financier , suite à la prohibition de l’usure et à la tangibilité de ses actifs financiers, ainsi que la présence d’une liquidité abondante dans les pays du Golf (Arabie Saoudite , Emirates Arabes Unis , Qatar , Kuwait , Bahrein , Sultana d’Omain , Brunei….ect), une forte demande pour la produits financiers conforme à la chariaa (Europe , Amérique , ect …) et une offre sophistiqué et diversifié de ces derniers (Indonésie , Malaisie , Maroc, ect…). En 2021 , la finance islamique est estimé à 3000 milliards € .
En Europe , la finance islamique enregistre des perspectives de croissance encourageante. Malgré une grande communauté musulmane présente en France , et fortement demandeuse ce type de finance éthique , le Royaume Uni reste le leader européen incontesté à l’aide de la City , la place européenne de référence en matière de la finance islamique. D’autres pays européens ont dépassé la France sur ce créneau , comme la Suisse ou le Luxembourg.
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